Friday, March 18, 2011

Les trésors cachés des greniers collectifs de l’Atlas( Igoudar)

  Du Haut-Atlas aux dernières oasis qui s’enfoncent dans le Sahara, c’est un lent voyage de villages en villages qui est proposé. Institution séculaire encore active, le grenier-citadelle marocain à la fois magasin à grain, bâtiment communautaire, espace sacré et lieu de réjouissance est relevé, décrit, analysé.
   
    La fonction de ces bâtiments est avant tout défensive. L'agadir comporte des éléments communs (réservoir d'eau, mosquée, loge du gardien, loge des inflass (représentants des familles), muraille, cuisine, toilette, etc.) et des éléments privés que représentent les cases de stockage. L'agadir abrite les réserves d'eau dans des citernes. Un espace est réservé pour mettre le bétail à l’abri.
La construction se fait souvent sur un terrain collectif et souvent dans la propriété du clan dominant ou dans des terres incultes au sommet d'un pic ou d'une colline. Les matériaux de construction sont toujours locaux : chaux, pisé, pierres sèches, briques. On trouve des agadirs construits avec plusieurs matériaux (pierre dans la base des murs et le reste est en pisé). Les portes sont en bois et décorées de motifs avec forte présence des influences amazighes et africaines sub-sahariennes.
Les escaliers sont construits en dalles de calcaires encastrées à moitié dans les murs. Dans d'autres cas, les palmiers taillés sont utilisés comme escaliers


    Des hauts-lieux d’histoire et de mémoire, aux architectures surprenantes sont particulièrement détaillés sous la forme d’encadrés où les photos sont accompagnés de plans, de dessins qui donnent à comprendre comment ces architectures sont le fruit de communautés spécifiques.
      
      La décision de la construction d’un agadir était prise par une assemblée de représentants de la tribu les inflass. Chaque anflouss, représente un clan ou un groupe de familles. chaque famille doit participer à la construction de l'édifice afin d'avoir le droit de stocker ses biens.
Au moyen âge, les fonctions ont changée. Au Maroc, l'agadir devient une institution dotée d'une charte (llouh ⵍⵍⵓⵃ) et assure des rôles politiques, sociaux, défensifs en plus de sa fonction économique de stockage des biens et des céréales. Dans les greniers (ksours) de Tunisie, la fonction commerciale a été dominante et ces greniers deviennent des lieux d'échange commercial.
Les igoudar du Maroc avaient un rôle politique puisqu'ils représentaient le lieu du gouvernement local nommé en amazighe les inflass ⵉⵏⴼⵍⴰⵙ.Il avait aussi un rôle sécuritaire défensif puisqu'il représente un refuge en cas des incursions tribales ou des attaques du pouvoir central. Dans ces zones, les anciens greniers, sont connue par les locaux sous le noms des igoudr n-iroumines ou n-bertkiz en croyant qu'ils sont d'origines romaines ou portugaises bien que ces zones sahariennes n'ont jamais connu la présence romaine ou ibérique. Actuellement, les plus anciens igoudar se situent au Maroc, au cœur de l'Anti Atlas dans le territoire des tribus d'Illalen ⵉⵍⵍⴰⴱⵍⵏ. Les plus anciennes chartes de gestion des ces igoudars remontent au 10 ième siècle.

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